Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir.








Exaspéré:
- Regarde ! Vois ce qu'il reste de nous ! Cela ne fait même pas dix minutes qu'on se parle et on se dispute déjà! On ne s'entend à propos de rien, tout est conflictuel. Qu'est ce qu'on fait ensemble, là, alors qu'on a rien en commun ? J'ai l'impression qu'on dépense tout notre temps et notre énergie pour une cause perdue d'avance.


Blessée :

- Ce n'est pas à moi de te le dire. Ce n'est pas comme ça que ça devrait se passer. Ce n'est pas moi qui doit t'expliquer le pourquoi du comment ... Normalement, c'est à toi de venir me rappeler ce qu'on fait tous les deux, ce qu'on est. Ca devrait être à toi de raviver l'espoir et la passion.


Riant, se moquant de ses paroles:

- Mais quel espoir ? Quelle passion ? On est pas dans un conte. Il n'y a pas de Bonne Fée pour nous aider, pas d'elixir miracle pour réanimer les sentiments que j'ai eu pour toi. Laisse un peu tes bouquins et réveille-toi bon sang ! Cela fait un bout de temps qu'on a dériver. Il n'y a plus rien à l'horizon, plus rien à espérer de notre relation. Il faut se décider à abandonné le navire.


Le ton montant, les larmes perçant aux coins des yeux:

- On se dispute, on cri, mais on a toujours était ainsi ! C'est toi, c'est moi. C'est nous. C'est ce que nous sommes, des êtres un peu trop fusionnels. Pourtant c'est cette fusion dévastatrice qui fait que nous sommes si beaux tous les deux. Je ne devrais pas être entrain de te le dire. Tu devrais le savoir depuis toujours. Tu devrais venir me le chuchoter dans mes moments de doutes. Pas moi ! Toi tu ne devrais pas douter ...


S'énervant:

- On est pas dans un de tes films ! Arrête de croire que tu joues dans une comédie sentimentale ! L'amour n'est pas l'unique but sur terre, l'amour n'est pas forcément éternel. La passion n'est pas le seul vice qui consume les amants. Il n'y a pas une personne sur terre qui te prendra comme tu es sans rechigner. Je ne suis pas le Prince Charmant, je ne suis pas à la hauteur de tes attentes. Je me suis lassé de cette mascarade. Cela fait longtemps que je n'y crois plus, que j'ai abandonné tout espoir. Je ne crois plus en en toi. Plus tu me laisses te découvrir plus tu me déçois. Plus j'ai le sentiment de m'être trompé de personne... Mais honêtement, tu ne trouveras jamais un homme à la hauteur de tes espérances. Tu es trop exigeante, et tu recherche un être qui n'existe pas.


Chuchotant, abattue:

- Alors c'est comme ça hein ? J'avais cru qu'on était différent, qu'on ne se laisserai pas entraîner dans le cercle vicieux de la vie et de son quotidien ennuyant. Je pensais qu'on saurait, nous, trouver un peu de magie dans cette inertie. Mais je m'étais trompée, pas vrai ? On est pas différent, on est pas mieux. Tu ne m'aimes déjà plus.

- Plongée dans ton univers irréel, tu planais au-dessus. Tu n'as jamais été réellement avec moi. J'ai tenté de te faire redescendre, mais tu ne voulais rien entendre. Si tu m'avais vraiment porté de l'attention, tu l'aurais vu. Tu aurais su que je t'aimais de moins en moins au fil des mois. Tu aurais du le voir à travers mes mots. A présent c'est trop tard. Je ne ressens plus rien pour toi. Je ne t'aime plus depuis un certain temps déjà et tu n'y pourra rien changer.


S'étranglant dans ses sanglots:

- Si tu es sûre de tes sentiments déchus depuis longtemps, pourquoi est-ce que tu es encore là ? Pourquoi est-ce-que tu continues ? Tu ne peux pas partir ? Me laisser et vite ?


Une lueur de sadisme dans les yeux:

- Je tentais encore, sachant déjà la réponse au fond c'est vrai, de me prouver que tu n'étais pas qu'une coquille vide...Que tu n'étais pas complètement creuse et ennuyante.Tu veux que je partes ? Tes mots n'ont pas de sens ... Je croyais que tu m'aimais, n'est-ce pas ce que tu as dis il y a quelques minutes ?


Hurlant:

- Arrête, s'il te plait tais toi ! J'ai si mal, j'ai si peur que tu me quittes. Je redoute tant le moment où tu franchiras cette porte ! Mais maintenant que je sais que tu le feras, maintenant que je sais que tu ne m'aimes pas, j'aimerais que tu le fasses vite. Abréger mes souffrances, c'est trop te demander ?


Criant à son tour:

- Dédramatise la situation ! Tu es insupportable, tu tiens tellement à ce que notre histoire soit digne d'un film que tu théâtralises notre relation à n'en plus pouvoir ! On était quoi hein ? On était même pas amants. On a essayé sans cesse, en vain. On était rien au final. Rien.


Murmurant d'une voix presque inaudible:

- C'est comme ça que tout doit se finir je suppose. C'est comme ça que ça se termine ...


- Tu sais aussi bien que moi que ça n'a jamais commencé...



Il s'en va, refermant consciencieusement la porte derrière lui.


# Posté le mercredi 30 juillet 2008 16:17

Modifié le dimanche 22 février 2009 05:11

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L'oubli est un long chemin semer d'embuches. Pourtant il suffit d'un peu de volonté. Je me rend comptes à présent que je n'étais pas dans l'impossibilité de t'effacer, mais que je n'en avais simplement pas envie...



Mes mains s'habituent enfin à la pression des graviers. Le vent de la veille à considérablement rafraîchit l'air mais au moins, le ciel est lavé. Je scrute sa curieuse impénétrabilité. J'entends les cris d'encouragements. Je les devine tous, les doigts agrippés au grillage, brayant les noms de leurs camarades. Je perçois les bruits sourds des pieds qui frappent le ballon, et pourtant ils me paraissent si petits, si loin. Le soleil darde ses rayons. Mon visage les absorbe, afin d'apaiser mes maux. Mon coeur gelé se réchauffe lentement. Il est parti déjà, depuis longtemps. Il s'est sauvé sans dire aurevoir, sans refermer la porte. Il m'a laissée pétrir dans une lave de solitude. Le monde extérieur me parait si sauvage sans sa voix aux accents cassés. Les rues me semblent si hautaines lorsque son sourire malicieux ne me protège pas. Les draps sont si froids sans ses yeux havanes, aux reflets incandescents. Je me sens vide, comme si j'avais perdu quelque chose en chemin. Je n'est pourtant rien de briser; chacun de mes organes fonctionne correctement mais je regrette sa voix mélancolique qui me berçait si bien. Je repense aux rêves d'évasion qu'on batîssait, pièce par pièce, enlacés sur les énormes rochers antracites; ses grandes prunelles me couvant dans un élan de tendresse. Je me sens si idiote, à ressasser ses débris de bonheur. Je me raccroche au passé inlassablement, mais je ne peux pas oublier. Je ne veux pas oublier... Ses lèvres sucrées, son souffle chaud, ses grands cils en ombrelles le dernier jour, sous le crépuscule du soir... Rien de lui ne mérite d'être enterré. J'idéalise notre relation, je lui donne un éclat plus spectaculaire afin ne pas avoir l'impression de me battre pour un amour d'adolescent banal. Des cris de mécontentement se font entendre. Je m'éloigne encore, m'enfonçant encore un peu plus dans l'immensité des cieux. J'ai l'air bien simplette avec mes espoirs inoxydables de petite fille. Je m'obstine à sauver les miettes de nous, à préserver une blessure qui guérira avec le temps, comme tout. Comme toujours. J'inspire longuement. Son petit air innocent plane dans le ciel. Je suis grande maintenant, du moins, à cet instant présent je me sens grandis. Son sourire ... Je me redresse, et d'un geste dédaigneux, je chasse les brindilles accrochées à mes vêtements. Je m'avance à mon tour contre les barreaux métalliques. Je clos mes paupières, les rouvre nostalgiquement, et mèle mon cri à ceux des autres. Je ne cris pas avec eux, je libère toute la douleur superficielle enmagasinée durant ses longs mois.
J'étouffe mes papillons, et je referme la porte.

# Posté le samedi 24 mai 2008 05:42

Modifié le vendredi 20 février 2009 16:25

Débandade emotionelle.

 Débandade emotionelle.







Je déambule dans les rues froides et sinueuses. Je marche, je cherche. Quoi, je ne le sais pas. Je ne sais pas encore, je ne sais plus. La dose d'alcool ingurgitée commence à faire son effet. Les pensées se dissipent, les images se disloquent. Le coucher du soleil qui laisse glisser ses rayons dans les branches des arbres feuillus, m'offre son dernier soupir. Je revois ses cheveux enmelés, le vent grondant dans son dos. Il dépose un baiser furtif sur mes lèvres. Mon coeur fait une dératé, je dois me rappeler de respirer. Le temps de clore mes paupières et il n'est déjà plus contre moi. Je me demande si je n'ai pas rêver. Il m'enfonce ses iris havanes, incruste leur souvenir en moi. Je sens mon sang palpiter jusque sous ma langue. Je lui susurre que je l'aime. L'aube s'étend, et dévoile l'ombre dans ses prunelles. La brûlure féconde dans le creux de ma poitrine se redresse. Je suis encore tombée dans son piège. Il semble si innocent, si vulnérable. On ne devrait jamais se fier aux apparences. Il ment comme un homme. Il me toise violemment, sa bouche narquoise me laisse à nouveau sur le carreau. Le jeu repart de plus belle. Je lui cèderai la victoire de toute façon; il le sait, il apprécie. Mais la partie perd en intérêt, alors il me saigne un peu plus. Il vomit des mots amers. Chaque inspiration est un coup que j'encaisse. J'ai le coeur boursouflé, mais les cris silencieux que mes yeux lui lance ne lui parviennent pas. Lorsque le soleil s'est complètement extirpé de l'horizon, mon âme n'est plus qu'une carcasse recroquevillée à ses pieds. La douleur coule langoureusement dans mes membres. Il balaye mon esquisse de colère d'un sourire malin. Un rictus vicieux dissimulé sous une beauté exécrable. Je ne résiste pas, c'est au-dessus de mes forces.
- C'est fini.
Sa voix pourtant cristalline résonne comme une gifle. Il part sans même permettre aux mots de prendre leur sens. Je veux hurler, je veux l'insulter. Lui cracher à mon tour des phrases épineuses, pour le voir se vider de son sang. Mais je n'y parviens pas.
La lumière est absente, sa silhouette est brisée. La nuit est tombée, le vent s'est tus. Je vacille, les pans de mur tremble. C'est peut être juste mon monde qui s'effondre. Je me bats contre mes débris de rêves. Je me bats contre l'amour trop lâche. C'est l'ivresse qui opère, qui me fait dériver dans la ville endormis. Je ne lutte pas contre le courant, je ne lutte plus contre rien. Je tourne au coin d'une rue. La mer surgit. Je m'arrête, et repars en arrière d'un pas mal assuré. Le whisky m'étourdit, j'entends son rire résonner plus haut que ceux des oiseaux nichés sur les rochers.
Alors, je recule doucement vers l'eau qui chantonne. La gorge me brûle. Je me rappelle à présent de ce que je cherchais. Comment continuer sans lui ? Comment vivre sans lui ? Je m'enfonce dans l'eau noire et effrayante.


Je ne peux pas. Je ne vis plus.

# Posté le vendredi 25 juillet 2008 12:32

Modifié le samedi 14 février 2009 05:26

There will be more blood Et le vent l'emporte

There will be more blood  Et le vent l'emporte





Ses pas résonnent derrière les siens. Elle sent glisser son regard sur elle. Les yeux plantés dans le ciel sombre, elle implore les étoiles. Un mot, un seul. Mais elle entend le cliquetis des clefs, les pas qui disparaissent.

Maintenant elle est seule. Seule face à la nuit froide. Face à ce dédale effrayant de petites rues, dénudées de vie. Elle ressent le besoin de courrir, pour fuir. Echapper à la solitude qui l'oppresse, l'amour qui la mord. Elle aurait envie de lui crier qu'elle avait envie de lui, qu'il lui était vital, pour raviver son coeur sec. Pour estomper, même partiellement, ses blessures pullulantes. Rien. Ni personne. Elle doit se débrouiller.

Elle court maintenant, mais plus elle se rapproche, plus la fin semble loin. Le vide sous ses pieds enfle. Sa gorge se noue mais elle a épuisé ses larmes il y a bien longtemps déjà.
Le vent griffe ses joues, dessèche ses lèvres. Si elle se laissait tomber sur ce trottoir, personne ne viendrait la chercher. Personne ne serait inquiet. La mort, et puis après, le silence. Enfin. L'idée est alléchante. Pourtant une voix chuchote que la mort est une solution pour les lâches.
- Et alors ? rugit-elle, dans la quiétude malsaine de la rue.
Elle ralentit, et déambule hésitante. Elle n'a plus envie de se battre. Elle n'a plus envie d'être forte, pour être rongé plus profond chaque fois. Alors elle s'assit sur la chaussée. Elle s'allonge, et plonge dans le ciel, pour s'évader. Elle va attendre l'apothéose de sa misérable petite vie ici. L'air glacé crée des frissonnements. Elle a peur, un peu, mais elle sourit. Il n'y aura plus de lendemain. Le purgatoire prend fin. Son sourire s'élargit encore. Elle inspire une dernière fois, puis s'en va ...

# Posté le dimanche 09 novembre 2008 10:26

Modifié le samedi 06 décembre 2008 05:37

Nous donnons le meilleur de nous-mêmes à ceux qui de leur côté ne nous accordent que rarement une de leurs pensées ................Yiruma - Love Hurts

Nous donnons le meilleur de nous-mêmes à ceux qui de leur côté ne nous accordent que rarement une de leurs pensées ................Yiruma - Love Hurts





Livide, il fixait le moniteur.Les traits durs, crispés, son visage d'Apollon arborait un air sévère. Glacial. Il semblait contenir son souffle, et tenais plus d'une statue de marbre. Les néons tressautèrent dans le couloir. Des poches lavandes s'étendaient sous ses yeux, donnant à son regard un air morbide. Le contraste entre ces cernes et sa peau blafarde était cru. La lune elle-même perdait toute crédibilité face à cette blancheur irréelle. Sa peau flamboyait littéralement sous la lumière maladive de la chambre. Sa tignasse était désordonnée. Une de ses mains emprisonnait la barre métallique. L'autre enlacait des doigts frèles. Ils semblaient soudés. Le long de son bras de neige, chatoyant, se dessinait une longue ligne pourpre et sinueuse. Elle remontait jusqu'à son épaule et finissait par se fondre dans son cou.
Une paire d'yeux fragiles, la détaillaient. Elle était consciente qu'elle était pleinement responsable. Elle se rendait compte qu'elle le tuait; qu'elle détrusait cet être angélique. Ses lèvres bleuâtres esquissèrent un sourire. L'attraction qu'elle exerçait sur lui en devenait malsaine. Elle le rendait fou - elle le savait - elle en abusait. Il aurait combattu jusqu'à redevenir poussière pour la sauver. L'impossible n'existait plus quan dil s'agissait de la combler. Il lui appartennait, pour toujours.


Derrière l'épaisse vitre, je murmurais son prénom. Je contemplais ce qui ne m'appartiendrait jamais. Je m'exposais violemment à la douleur. Je voulais m'enfuir. Courir pour echapper à cette souffrance. Loin, pour ne plus sentire ce vide sous mes pieds. Mais mon corps ne répondait pas. Mon regard était irresistiblement attiré par sa silhouette dégingandée. Une telle grâce émanait de lui, une aura pareil en devenait provocante.Intolérable. Je parcourais sa plaisante carrure puis remonta dans son cou. Ses meches de bronze tombaient sur ces yeux luisants. Topaz, plus magnétiques que la force gravitationnelle d'un trou noir. De l'or en fusion, plus puissants qu'un ouragan tropical. Je frissonnais en m'arrêtant sur ses lèvre pincées. Leur teinte rosée et leur finesse; je crevais de ne pouvoir y plaquer les miennes dans un de ces baisers purs, brutals et passionnés, dont seul mon âme connaissait l'existence. Un ange. Un ange a qui elle brulait les ailes. Cette vitre était une frontière entre deux mondes, deux univers. Parfaitement infranchissable. Dans l'impossibilité de le toucher,j'apprennais chacun de ses traits, je m'en impregnais. J'assistais, impuissante, à ma chute.


Il ne remarquait pas ma présence. Il ne la quittait pas un instant; son être entier concentré sur ce corps brisé, fatigué. Une dévotion pullulante ...
Je ressentis la puissance qui les liait. A cet instant précis, je me sentis fatalement écrasé par mon insignifiance.
Mes yeux se posèrent à nouveau sur son visage idyllique. Elle réouvrit les siens, si pâles. Il se redressa, plus gracieux que jamais. Un sourire se faufila sur son visage, illuminant la pièce. Je fondis alors, comme de la glace au soleil. Ses lèvres frémirent et sa voix de velours retentit, fraîche, comme du cristal :
« You'll never be alone, sweetheart. »
Le coup parti. Et je l'emportai avec moi, pour toujours.



« Je suis capable de résister à la distance mais je suis incapable de résister à ton indifférence »

# Posté le jeudi 15 mai 2008 11:26

Modifié le vendredi 06 février 2009 11:41